« Monsieur le maire d'Armandville »
L'expression est de son ami Jean-Pierre Chevènement.

Elle résume bien la relation entre Armand Jund et le village d'Eloie.

Ci-dessous, quelques articles
parus en 1995 
(sa dernière élection
à la tête de la commune)
et en 1996.


Pour une photographie du
Maire d'Eloie
dans les années 80,
voir le bel article que le journal
"l'Est Républicain"
a consacré à notre village
le 30 mars 1984.

En 2001, il a été évident
que le premier
"Echo d'Eloie Illustré"
 devait tracer son portrait.


La nouvelle équipe municipale
a tenu à lui rendre hommage
en donnant son nom à la place de la mairie rénovée.
Voir ci-dessous le compte-rendu de l'inauguration
(Reproduction de l'article du journal "Le Pays" du 14 octobre 2001).


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«Archives et souvenirs»


Une place pour Armand Jund

Maire d’Eloie durant 35 ans mais aussi syndicaliste engagé et administrateur de l’office HLM, Armand Jund a relevé de nombreux défis tout au long de son existence. Pour lui témoigner sa reconnaissance et sa gratitude, la commune d’Éloie a baptisé, hier, la place de la mairie du nom de cette personnalité hors du commun.

Comme a tenu à le souligner l'actuel maire d'Eloie, Michel Oriez, « certains pourraient s'étonner qu'une telle manifestation ait lieu de son vivant. » Armand Jund, figure incontournable, il y a encore quelques mois, de la vie locale, a en effet toujours bon pied bon oeil. Il a décidé de quitter les nombreux postes à responsabilités qu'il occupait encore récemment. Dont celui de premier magistrat, durant 35 ans, de la petite commune du Pays-Sous-Vosgien. « Mais le conseil municipal a souhaité le remercier de son engagement total pour la commune d'une façon marquante » a expliqué Michel Oriez.

Photo de famille devant la plaque rebaptisant la place de la mairie d'Éloie en place Armand-Jund. Armand et son épouse Monique sont parents de trois enfants, et cinq petits-enfants sont venus agrandir le cercle. L'un manquait à l'appel hier matin, pour cause d'école. 


Photos Séverine Depond

« Armandville »
C'est donc en présence de nombreux habitants de la commune et des personnalités politiques du département que la place de la mairie d'Eloie a été baptisée, très officiellement, hier matin, du nom d'Armand Jund. Une assistance imposante, pour un homme qui ne l'est pas moins.
« Sa principale qualité est son don d'ubiquité », a remarqué le sénateur Michel Dreyfus-Schmidt, tandis que le président du conseil général Christian Proust soulignait « l'exemplarité du triple engagement d'Armand Jund : en tant qu'administrateur HLM, syndicaliste et élu », et que le maire de Belfort Jean-Pierre Chevènement rappelait le surnom qu'il a donné à la commune d'Eloie, « Armandville ». « De 1968, où elle ne comptait que 244 habitants, la commune a triplé sa population pour atteindre actuellement 863. Cela grâce aux efforts d'Armand ». Une personnalité hors du commun « qui a d'ailleurs fait craqué de nombreux préfets », comme l'a raconté avec humour la vice-présidente du conseil général et maire d'Offemont, Françoise Bouvier.
Volontaire et obstiné, Armand Jund n'a jamais ménagé son énergie ni compté son temps pour défendre les autres. Le rappel, même succinct, du parcours de ce Belfortain de naissance est bien à la hauteur de la motivation et des qualités de l'actuel septuagénaire.

Nommé maire honoraire
Armand Jund est né le 26 octobre 1925 à Belfort, où il s'est marié en 1950 avec Monique Baumgartner. Le couple a eu trois enfants, Christine, Hubert et Isabelle, et cinq petits-enfants. S'il est né à Belfort, c'est déjà à Eloie qu'il fréquente l'école communale. En 1942, il entre à l'Alsthom. Il ne quittera l'entreprise qu'à l'âge de la préretraite. Militant syndical, il assumera des fonctions également dans d'innombrables associations et organismes publics, dont le conseil des Prud'hommes.
Attaché à la cause de sa commune, il est d'abord, dès 1959, secrétaire de mairie, puis maire, « par hasard », comme il aime à le dire, de 1966 à 2001, année qu'il choisit pour céder le fauteuil à Michel Oriez. Et s'il a fait énormément pour le développement de sa commune, Armand Jund ne s'est pas arrêté là. Il a également occupé, entre autres, les fonctions de vice-président puis de président de l'ancien syndicat des eaux d'Offemont, d'administrateur de l'Office HLM et d'EDF-GDF au titre des communes rurales. Et dans toutes ses engagements, Armand a su se faire apprécier et distinguer : Croix de chevalier du mérite et du dévouement français, chevalier puis officier du mérite agricole, chevalier de l'ordre national du Mérite, médaille d'or du travail.
C'est ainsi qu'à la demande du sénateur Michel Dreyfus-Schmidt, le préfet Pierre Pouëssel a remis hier à Armand Jund l'arrêté le nommant « maire honoraire ». Un nouvel hommage avant que ne soit dévoilée par Morgane et Maxence, deux de ses petits-enfants, la plaque qui rebaptise la place de la mairie : « place Armand Jund ».
Séverine Depond
 
Le conseil municipal d'Éloie, présidé depuis mars dernier par Michel Oriez (au micro), a tenu à rendre hommage à cette figure de la vie locale. De nombreux élus s'étaient joints aux habitants de la commune du pays Sous-Vosgien.
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  ELOIE
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Armand Jund toujours
Election sans surprise vendredi soir à la mairie où Armand Jund a été de nouveau élu maire par 11 voix contre 4 à Eric Walter. En fait, ces dernières élections ont modifié malgré tout la composition du nouveau conseil avec l’arrivée de quatre élus qui ne faisaient pas partie de la liste présentée par Armand Jund.

Le maire a poursuivi la séance avec l’élection des adjoints. Ont été nommés adjoints : Michel Oriez, René Bey, Daniel Duguet et Yvette Paris. Armand Jund a déclaré: «Les plaies provoquées pendant la campagne devront être pansées».
 

Est Républicain, juin 1995


ELOIE
Un maire et des vœux d'ouverture
Vendredi soir, le conseil municipal d’Eloie tenait réunion afin d’élire le maire et ses adjoints. L’asemblée a reconduit M. Armand Jund aux fonctions de premier magistrat. Quatre adjoints le seconderont dans sa tâche, il s’agit de MM. Michel Oriez, René Bey, Daniel Duguet et Mme Yvette Paris (dans l’ordre).
A l’issue du vote, le maire réélu a tenu à préciser l’état d’esprit qu’il souhaite voir présider durant ce nouveau mandat :

Le maire d'Eloie, Armand Jund, entouré de ses quatre adjoints,
MM. Michel Oriez, rené Bey, Daniel Duguet et Yvette Paris.
« Nous sommes mandatés par les électeurs pour travailler ensemble. Nous avons, chacun d’entre nous, fixé des objectif qu’il faudra examiner dans la plus grande sérénité et avec la plus grande attention. Nous avons, tout au long de cette campagne, pris des engagements et décidé de les respecter. Pour ma part, pour les élus de la liste « Intérêt communal d’Eloie », ce sera aussi le cas. Avec aussi comme objectifs d’utiliser les compétences et ouvrir vers l’extérieur la participation du maximum de bonnes volontés. Notre tâche n’est pas facile mais si nous savons nous connaître, nous comprendre, nous respecter et tenir compte des avis de la population de notre village, nous pourrons répondre, être au service de tous.
Les plaies provoquées pendant la campagne devront être pansées. D’autres devront être évitées dans le respect de chacun, les comportements anormaux cesser. Je m’y emploierai personnellement.
Je sais que nos façons d’approcher les problèmes évoqués seront un des facteurs de réussite, comme le sera l’engagement et l’attitude de chacun d’entre nous… ».
Le Pays, juin 1995


ELOIE
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DITES-NOUS, MONSIEUR LE MAIRE
Armand Jund : longévité et efficacité
Premier magistrat depuis 30 ans, le maire d'Eloie a complètement transformé et modernisé sa commune. Portrait d'Armand le « battant ».
« Plus qu’une fonction publique, le maire  a une mission sociale. Il doit toujours faire passer la valeur humaine avant la valeur de l’argent » : Armand Jund.
(Photo « LE PAYS » - D. G.)
Carte d'identité
Commune : Eloie
Altitude : 402 m
Canton : Offement
Communes limitrophes : Grosmagny, Anjoutey, Roppe, Vétrigne, Offemont, Valdoie, Sermamagny, Chaux.
Superficie : 554 ha
Surface boisée : 376 ha
Population : 891
Densité : 160/km²
Chômeurs : 31
Maire : M. Armand Jund

Adjoints : Michel Oriez, René Bey, Daniel Duguet, Mme Yvette Paris.
Nombre de conseillers : 15

Dans le petit monde politique belfortain, il est connu comme le loup blanc, l’«Armand». Il est vrai que ce stakhanoviste de la chose publique cumule et collectionne les fonctions, mandats et responsabilités.
Outre son écharpe de maire d’Eloie, Armand le polyvalent est en effet administrateur de la Caisse d’allocations familiales, du parc naturel des Ballons, de l’office public des HLM, du Lycée Agricole, conseiller du district, vice-président du comité interprofessionnel du logement de Belfort, vice-président de l’association du Massif vosgien, président des communes forestières, des foyers ruraux et de l’APLEA (association pour les loisirs de l’enfant et de l’adolescent).
Bref, un seul porte-manteau ne suffirait pas à accueillir toutes les casquettes d’Armand Jund. Sans oublier qu’Armand le militant a aussi d’importantes responsabilités syndicales.

LA MAIRIE ET L’ECOLE

Mais Armand Jund, c’est d’abord un maire de trente ans, une longévité record. C’est en effet le 15 décembre 1966, une date qu’Armand l’éléphant de la politique n’est pas prêt d’oublier, que le conseil municipal d’Eloie a élu à l’unanimité moins une voix, (la sienne) Armand Jund au poste de maire.
Cette élection est exceptionnelle car elle doit pourvoir au remplacement de Jean Pujod, le maire élu en 1965, décédé en novembre 1966.

Secrétaire de mairie depuis 1960, Armand Jund est fortement sollicité. Pour respecter la loi, il démissionne de sa fonction de secrétaire, est élu conseiller municipal puis maire lors d’une séance émouvante présidée par le doyen d’âge qui n’est autre que Joseph Jund, le père d’Armand.
Armand est en effet l’aîné des cinq enfants de Joseph et Céline Jund, qui se sont installés à Eloie alors qu’Armand n’avait encore que trois ans. De la petite maison où s’entasse la famille Jund à l’école du village, il n’y a que quelques pas de sabots.
Armand se révèle rapidement bon élève et Mme Matringe, la dévouée institutrice, conseille aux parents Jund de faire poursuivre des études à Armand.
Inscrit à l’école pratique au 112, avenue J.-Jaurès à Belfort, Armand justifie cette confiance en obtenant CAP puis brevets d’ajusteur et de dessinateur industriel, des parchemins-sésames qui lui permettent d’entrer à l’Alsthom comme ajusteur-outilleur puis vérificateur au « Maroc », à la traction et enfin au bureau de dessin où il termine sa carrière professionnelle en 1982.

LA FAMILLE ET LA MAIRIE

Entretemps, Armand le résistant, chef de groupe du réseau Heidet, a été arrêté à l’automne 44 à la frontière suisse, interné à la caserne Friedrich, puis déporté en Allemagne.
Entretemps également, Armand le séduisant a épousé Monique Baumgartner. Le couple aura trois enfants, Christine, Hubert et Isabelle et aujourd’hui Armand le bienveillant est quatre fois grand-père.
Côté politique, après l’élection exceptionnelle de 1966, l’itinéraire d’Armand le performant est jalonné de succès aux scrutins municipaux de 1971, 1977, 1983, 1989 et 1995, des élections successives qui permettent à Armand le persistant d’entamer son sixième mandat consécutif avec cette réflexion pertinente : « En 30 ans de maire, j’ai vu passer bien des conseillers, mais j’ai surtout vu évoluer et se transformer mon village ».

MÉTAMORPHOSE

De 1970 à 1995, Eloie s’est en effet considérablement métamorphosé. Dans son paysage d’abord, avec le passage d’un habitat rural traditionnel et groupé à un urbanisme diffus. Des lotissements ont poussé comme des champignons sur tout le territoire communal.
Les pavillons ont pris le pas sur les grosses fermes et Eloie, de village agricole, est devenu commune résidentielle habitée par des « Murbains », cette nouvelle catégorie de banlieusards qui travaillent en ville et vivent à la campagne.
Mutation dans les équipements et le mode de vie ensuite. Pour accompagner la transformation et la forte progression de la population (voir ci-dessous), il a fallu aménager et équiper la commune, une besogne à laquelle Armand le prévoyant s’est attaché avec une réussite et un bonheur certains puisque grâce à l’adhésion précoce d’Eloie au district, la distribution d’eau, la réserve incendie, le réseau d’assainissement et le ramassage des ordures fonctionnent dans des conditions satisfaisantes, malgré la dispersion de l’habitat, un atout pour la qualité de vie, mais un inconvénient majeur pour l’équipement.

L'ÉCOLE ET LA MÉTHODE

Côté scolaire, la petite école d’Armand a bien grandi. Un nouveau bâtiment a été construit à l’arrière de l’ancienne école et le groupe scolaire d’Eloie abrite désormais trois classes primaires et une classe maternelle.
Parallèlement, pour satisfaire aux besoins en matière de loisirs culturels et sportifs, Armand le vigilant a arraché des subventions, notamment régionales, pour faire construire le long de la Rosemontoise, les « Courbes-Vernes », la maison communale du temps libre, à laquelle ont été ajoutés terrain de boules et court de tennis en attendant une future aire de sport.
Car Armand le clairvoyant s’est rendu compte qu’un maire efficace est un maire qui ne reste pas dans sa commune, mais qui est à l’écoute, qui participe, qui est sur le terrain, qui multiplie les contacts et qui, grâce à un dense réseau de connaissances et d’amitiés, est prêt à saisir toutes les opportunités. D’où sa boulimie de casquettes et de dossiers.
Mais cette démarche n’est pas qu’intéressée. Au contraire, l’homme est d’un naturel avenant, bienveillant, et une de ses vertus cardinales est le respect des autres, partenaires comme adversaires.
Il avoue ainsi que si la dernière élection municipale a été rude, l’opposition est constructive et joue son rôle. Ainsi l’informatisation de la gestion communale a-t-elle été réalisée à son initiative.

L'AVENIR ET LA PROMESSE

Armand le conscient sait également qu’on lui reproche de s’accrocher à son fauteuil de maire, une accusation qu’il réfute vigoureusement car Armand le conciliant sait aussi être Armand le tranchant : « Je ne souhaitais pas me représenter, précise-t-il, mais compte tenu du contexte des élections avec trois listes s’affrontant, j’ai accepté, à la demande de plusieurs amis, de me présenter une dernière fois ».
Il est vrai qu’après cinq mandats, ce n’est plus la gloire qui fait courir Armand.
Pour rendre service, il continue donc d’entasser les dossiers et de consacrer des heures et des soirées à la gestion de sa commune. Mais bien sûr, ce mandat sera le dernier. Armand l’attachant l’a promis…

René Grillon
Le Pays, 2 Avril 1996
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